jeudi 21 mars 2013

La vague avance peu à peu et cela finit par arriver jusqu’à moi.

" la tendresse, c'est l'intellect, la compréhension, quelque chose infini, sévère et délicat comme la sensation de la main qui découvre les cellules nerveuses. C’est une chose de plus beau de plus profond, c’est la seule raison de ma vie. Espoir de ma vie. Et on pourrait mourir pour cela. "
 

Merci A.

mardi 1 mai 2012

Moï moï records



Dans la continuité des circonvolutions incessantes et illuminées du collectif basque du même nom, MOÏ MOÏ RECORDS voit enfin le jour. Multiples soubresauts sonores, tentatives courageuses et inédites de rassemblements autour de la musique (Festival Baleapop & autres lives) ont finis par orienter plutôt naturellement le collectif vers la création de son propre label.
 
Accouchement donc de MOÏ MOÏ RECORDS – dont la mention ‘expérimental easy-listening’ sous-tend la nature des textures sonores à venir – composé des deux branches production et booking (Matthys, Odei, Elorn, Panda Valium, Martouf).

Toujours en famille, MM RECORDS fait le grand saut, et plutôt que traîner des pieds, opte pour le plongeon pleine face avec le sourire dans le foisonnement et l’hyper-vitesse d’une pop culture en panne de renouvellement. Avec ses propres mains et ses petits muscles mis au service d’une volonté du ‘faire-par-soi-même-coûte-que-coûte’, MM RECORDS s’amuse des codes et des signes contemporains pour puiser, digérer et remodeler le ‘son’ selon un schéma personnel, propre à l’esprit MOÏMOÏ : le joie lumineuse du ‘jeu’, le détournement collectif du ‘déjà connu’, et l’envie inépuisable de fêtes, de célébrations du son sous toutes ses formes.

C’est pourquoi MM RECORDS veut avant tout – et malgré des yeux tournés plus sensiblement vers la scène électronique – proposer une manière transversale d’écouter la musique. Aussi bien tourné vers l’expérimentation (modulations et reformatage de l’onde) que vers des sonorités a priori plus facile d’accès (pop), le label sera le terrain de jeu de toutes les scènes, propice à l’émergence d’une ‘autre’ manière d’appréhender la musique : live et l’objet physique ; et de faire la fête ensemble. Jusqu’au-levé-du-soleil.

On a aussi Baleapop qui arrive vite, stay tuned.

mardi 21 février 2012

L'oeil de l'aigle et Retard et la France tu l'aimes ou tu l'écoutes


Cela fait un peu plus d’un an qu’on a démarré l’œil de l’aigle. L’idée de faire des playlists est aujourd’hui tellement improbable et désapprouvée par nombre de personnes, qu’on s’est souvent posé la question d’une telle démarche, sa légitimité parmi celles de mille autres, écoutables et téléchargeables n’importe où n’importe quand. On s’en fiche pas mal au final, ce qui nous intéresse c’est bien sur ce qu’on y met dedans, mais aussi la manière de le faire. On accommode chaque playlist avec des titres-amour, on greffe le tout à une histoire qu’on bricole de toute pièce à l’aide d’un film ou d’autres extraits audio (documentaires, archives), le résultat formant des petits artefacts sonores protéiformes proposant une vision arbitraire, subjective de la ‘pop’ (globale et obscure) et de sa relation avec le Réseau (chacun de ces objets étant nourri via un accès absolue et illimitée à la Grande Discothèque digitale).

L’idée de créer cette playlist France s’est fait assez naturellement suite à un article de Chronic’art assez bien fourni, et proposant un panorama de la scène musicale française. Chose que peu d’autres médias font, ou alors de manière tellement orientée et/ou lacunaire que ça en devient étouffant. On a suivi cette idée, on a sélectionné avec douleurs et émerveillement vingt-et-un titres. Chose complexe car tellement de choses incroyables. La scène française se révèle à nos yeux comme souvent chaotique et terriblement sauvage. De Metz à Strasbourg, en passant par Amiens et Paris, les ramifications sont nombreuses, éclatées, et forment un état d’urgence rare et difficilement reconnaissable ailleurs. Dans le souterrain français il y a des trésors.

On ne fait pas du prosélytisme, on n’est pas chauvin pour un sou, on a juste envie de voir ce qu’il se passe concrètement en ce moment près de chez nous. On se retrouve donc avec cette nouvelle playlist, forcément incomplète – car arbitraire et propre à ce que l’œil de l’aigle propose assez communément ; avec toutes les tares que chacun pourra lui trouver. D’autant plus qu’on s’est dit qu’on ne passerait jamais deux fois un même artiste d’où une multitude d’absents qu’on aurait voulu voir apparaître (d’Egyptology à Catholic Spray, d’Eyes Behind à Petit Personnel). Autant que les artistes l’idée initiale sous-tendait de mettre aussi en avant des labels, collectifs qu’on admire et dont le travail mérite d’être souligné. De nombreux d’autres absents encore.

Cette compilation est réalisée avec les amies de Retard, dont les textes léchés et les illustrations magiques viendront compléter l’écoute comme une aventure tordue et frénétique. Toutes et tous sommes plutôt heureuses-heureux de vous proposer cette nouvelle compilation. Si l’on pouvait on en aurait fait quatre ou cinq ou dix tellement les choses vibrent dans le souterrain. On remercie la copine Charlotte (Ligne Claire) qui nous parle de musique, parfois. A vous.

L’œil de l’aigle



jeudi 15 décembre 2011

Rétroviseur


Après son petit monument Rip it up and Start Again (une histoire du Post Punk de 1978 à 1984), Simon Reynolds, journaliste et historien de la musique (et plus largement de la pop culture), nous revient avec un essai fondamental posant l’une des problématiques les plus essentielles de notre génération, à savoir : comment la pop culture (principalement la musique) est devenu ce qu’elle est aujourd’hui, et pourquoi ses transformations sont obsessionnellement tournées vers son propre passé. De manière intime ou plus distancié, nous avons toutes et tous expérimenté les mutations de la pop culture : foisonnement et démultiplication de l’information, hyper-connectivité, dématérialisation, références ostensibles et illimitées au passé. Aujourd’hui, avec l’utilisation d’Internet et des réseaux de partage tels que Facebook, Youtube (et plus éloignés Napster, Soulseek etc.), notre fenêtre sur le monde s’est agrandie de manière conséquente, dans le même temps que notre capacité à être attentif à diminué. L’information nous submerge en permanence et se veut toujours plus accessible (chacun pioche ce qu’il veut et les notions de physicalité et de temporalité deviennent désuètes), cela se traduisant dans la musique par un retour sans fin aux références du passé : des années 50, aux yéyé 60’s, en passant par le punk, la disco, et le grunge. Tout est recyclé et recyclable. Le sentiment de nostalgie n’a jamais été aussi fort, donnant lieu à un nombre incalculable de revival (reformations de groupes, rééditions en masse etc.). Simon Reynolds dresse un portrait alarmant de notre paysage musical actuel : postmoderne (name droping et clins d’œil récurrents aux différentes époques et styles musicaux), frénétique (la course à la dernière tendance, suivie aussi vite qu’oubliée). Or la pop music est sensée être avant tout, la traduction d’un moment, d’une époque, d’un événement. Elle est dans l’urgence du ‘maintenant’. Or, comme le dit Reynolds, les medias, « disques et télévision, ont permis à l’ ‘instant’ de devenir permanent, sujet à une éternelle répétition. Le ‘moment’ est devenu ‘monument’ ». Il est encore temps de modifier la trajectoire.